- Le cerfa déclaration préalable concerne les travaux non soumis à permis de construire mais dépassant certains seuils de surface ou de modification d’aspect extérieur.
- Deux formulaires coexistent : le cerfa 13703 pour les maisons individuelles et le cerfa 13404 pour les autres constructions, installations et aménagements.
- Le dépôt s’effectue en mairie, en deux exemplaires minimum, avec un délai d’instruction d’un mois en règle générale.
- L’absence de déclaration expose à des sanctions administratives et pénales pouvant aller jusqu’à 300 000 euros d’amende.
- Depuis le déploiement du guichet numérique des autorisations d’urbanisme (GNAU), le dépôt dématérialisé est possible dans de nombreuses communes.
Plus de 700 000 déclarations préalables sont déposées chaque année en France. Pourtant, les erreurs de formulaire, d’annexes manquantes ou de mauvaise identification des travaux concernés restent la première cause de refus ou de majoration de délai d’instruction. Ce guide décortique le cerfa déclaration préalable dans ses moindres détails, pour que votre dossier soit irréprochable dès le premier dépôt.
Qu’est-ce que le cerfa déclaration préalable et quand est-il obligatoire ?
La déclaration préalable (DP) est une formalité administrative exigée par le Code de l’urbanisme pour les travaux qui ne nécessitent pas de permis de construire, mais qui ne peuvent pas non plus être réalisés sans autorisation. Elle permet à la mairie de vérifier que le projet respecte les règles locales d’urbanisme — notamment le Plan local d’urbanisme (PLU) ou le Plan d’occupation des sols (POS).
Sont concernés, entre autres :
- Les extensions de moins de 20 m² de surface de plancher ou d’emprise au sol (40 m² en zone urbaine couverte par un PLU, sous conditions) ;
- La création d’une piscine dont le bassin est inférieur à 100 m² et non couverte ;
- Le changement d’aspect extérieur d’un bâtiment (ravalement avec changement de couleur, remplacement de menuiseries…) ;
- Les clôtures en zone urbaine ou dans les secteurs soumis à déclaration ;
- Les constructions nouvelles inférieures à 20 m² n’entrant pas dans le champ du permis de construire.
Certains travaux peuvent sembler anodins. Ils n’en restent pas moins soumis à déclaration. Un abri de jardin de 15 m², une terrasse surélevée, des panneaux solaires en toiture : chaque cas mérite vérification auprès du service urbanisme de votre commune.
Quel formulaire cerfa choisir : 13703 ou 13404 ?
C’est la question que se posent la plupart des pétitionnaires au moment de constituer leur dossier. La réponse dépend de la nature du projet.
Le cerfa 13703 — pour les maisons individuelles
Ce formulaire, intitulé officiellement « Déclaration préalable pour une maison individuelle et/ou ses annexes », s’adresse aux particuliers qui réalisent des travaux sur leur résidence principale ou secondaire. Il couvre les extensions, surélévations, modifications de façade, constructions d’annexes (garage, abri de jardin, piscine).
Le cerfa 13404 — pour les autres projets
Ce formulaire concerne les constructions, travaux, installations et aménagements non soumis à permis de construire et réalisés par des personnes morales (syndics, bailleurs sociaux, entreprises) ou par des particuliers pour des projets qui ne relèvent pas de la maison individuelle. Il intègre également les cas de démolition partielle.
Il est possible de télécharger ces deux formulaires directement sur le portail officiel service-public.fr. Des notices explicatives accompagnent chaque cerfa et détaillent, rubrique par rubrique, les informations attendues. La lecture de ces notices, souvent négligée, évite la majorité des erreurs de remplissage.
| Formulaire | Numéro cerfa | Projets concernés |
|---|---|---|
| DP maison individuelle | 13703 | Extensions, annexes, modifications de façade d’une maison |
| DP constructions et aménagements | 13404 | Clôtures, équipements collectifs, projets de personnes morales |
Comment remplir le cerfa déclaration préalable sans commettre d’erreur ?
Un dossier incomplet entraîne une demande de pièces complémentaires par la mairie. Ce courrier suspend le délai d’instruction et peut décaler de plusieurs semaines la réalisation de vos travaux. Voici les points de vigilance essentiels.
Les pièces à joindre obligatoirement
- DP1 — Plan de situation du terrain : il permet de localiser la parcelle dans la commune. Un extrait cadastral suffit dans la plupart des cas.
- DP2 — Plan de masse : représentation de la parcelle vue du dessus avec les constructions existantes et projetées, cotée dans les trois dimensions.
- DP3 — Plan en coupe : obligatoire si le projet modifie le profil du terrain ou la volumétrie du bâtiment.
- DP4 — Plan des façades et toitures : requis en cas de modification de l’aspect extérieur.
- DP5 — Document graphique : photomontage ou esquisse permettant d’apprécier l’insertion du projet dans son environnement bâti et naturel.
- DP6 et DP7 — Photographies : l’une situant le terrain dans son environnement proche, l’autre dans le paysage lointain.
Certaines communes, notamment celles dotées d’un secteur sauvegardé ou d’une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), peuvent exiger des pièces supplémentaires. L’avis de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) est alors obligatoire avant toute décision.
Les erreurs les plus fréquentes
- Confondre emprise au sol et surface de plancher : l’emprise inclut les débords de toit, la surface de plancher ne prend en compte que les surfaces closes et couvertes dont la hauteur de plafond dépasse 1,80 mètre.
- Oublier de cocher la case relative aux secteurs protégés (monuments historiques, sites classés).
- Déposer un seul exemplaire : deux exemplaires sont requis en règle générale, parfois plus selon les communes.
- Omettre la signature du pétitionnaire ou du mandataire, ce qui rend le dossier irrecevable.
Pour les projets impliquant des travaux d’achèvement ultérieurs, pensez à consulter notre article sur le cerfa DAACT (déclaration d’achèvement et de conformité des travaux), qui doit être déposé à l’issue du chantier.
Délais d’instruction, affichage et recours des tiers
Le délai d’instruction d’une déclaration préalable est fixé à un mois à compter de la réception d’un dossier complet en mairie. Ce délai est porté à deux mois dans les secteurs soumis à consultation obligatoire (ABF, sites Natura 2000, périmètre de monument historique).
Si la mairie ne répond pas dans le délai imparti, le silence vaut autorisation tacite. Ce principe est expressément prévu par le Code de l’urbanisme. Il est cependant impératif de conserver l’accusé de réception du dépôt : il fait foi en cas de contestation.
Une fois la décision favorable obtenue, le pétitionnaire doit :
- Afficher l’autorisation sur le terrain, de manière visible depuis la voie publique, pendant toute la durée des travaux ;
- Respecter un délai de retrait de deux mois pendant lequel les tiers (voisins, associations) peuvent contester la décision devant le tribunal administratif.
La déclaration préalable est valable trois ans à compter de la décision. Elle peut être prorogée deux fois d’un an, à condition d’en faire la demande en mairie au moins deux mois avant son expiration.
Ces aspects procéduraux rejoignent, dans leur logique administrative, d’autres formalités réglementées comme l’autorisation administrative soumise à délai de traitement et à affichage obligatoire : dans les deux cas, la rigueur documentaire est la clé d’une démarche aboutie.
Dépôt dématérialisé : ce que change le GNAU en 2026
Depuis le 1er janvier 2022, les communes de plus de 3 500 habitants ont l’obligation de proposer un service de dépôt dématérialisé des demandes d’autorisation d’urbanisme via le guichet numérique des autorisations d’urbanisme (GNAU). En 2026, ce déploiement couvre désormais l’immense majorité des communes concernées.
Ce dispositif permet de déposer son dossier en ligne, de suivre l’avancement de l’instruction et de recevoir les courriers administratifs par voie électronique. Il ne supprime pas l’obligation de déposer les pièces graphiques dans les formats requis (PDF ou JPEG haute résolution selon les plateformes).
Pour les communes rurales de moins de 3 500 habitants, le dépôt papier en mairie reste la règle. Un envoi en lettre recommandée avec accusé de réception est possible, mais le dépôt physique garantit un horodatage immédiat.
La dématérialisation accélère certes le traitement, mais elle ne modifie pas les exigences de fond. Un dossier incomplet est retourné aussi rapidement par voie numérique que par courrier postal.
Ce qu’il faut retenir
- Identifiez le bon formulaire avant tout : cerfa 13703 pour une maison individuelle, cerfa 13404 pour les autres constructions et aménagements.
- Constituez un dossier complet dès le départ : les pièces manquantes suspendent le délai d’instruction et retardent votre projet.
- Conservez impérativement l’accusé de réception de votre dépôt : il est votre seule preuve en cas de silence administratif ou de contestation.
- Procédez à l’affichage réglementaire sans délai après obtention de l’autorisation, sous peine d’exposer votre projet à un recours des tiers.
Conclusion
Le cerfa déclaration préalable n’est pas une simple formalité. C’est un acte administratif à part entière, engageant la responsabilité du pétitionnaire sur la conformité de ses travaux aux règles d’urbanisme locales. Un dossier bien constitué, déposé dans les formes, protège le porteur de projet autant qu’il informe l’administration.
En matière d’urbanisme comme dans beaucoup d’autres domaines réglementés, la vigilance documentaire est la meilleure des assurances. Pour aller plus loin sur les obligations liées aux travaux et à la conformité des biens, notre article sur la loi Carrez appliquée à la maison individuelle apporte un éclairage complémentaire utile à tout propriétaire.
Consultez systématiquement le service urbanisme de votre commune avant d’engager les travaux. Les règles locales peuvent être plus restrictives que le cadre national. La Lettre du Secteur Public suit pour vous l’ensemble des évolutions réglementaires en matière d’urbanisme et de droit public.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une déclaration préalable et un permis de construire ?
La déclaration préalable concerne les travaux de moindre ampleur (extensions inférieures à certains seuils, modifications d’aspect extérieur, petites constructions). Le permis de construire est exigé pour les projets plus importants : constructions nouvelles de plus de 20 m² de surface de plancher, extensions dépassant les seuils légaux, changements de destination avec modification de façade ou de structure porteuse. Le délai d’instruction est d’un mois pour la DP contre deux à trois mois pour le permis de construire.
Peut-on commencer les travaux avant la fin du délai d’instruction ?
Non. Les travaux ne peuvent débuter qu’à l’expiration du délai d’instruction, soit un mois après le dépôt d’un dossier complet, ou à réception d’une décision expresse favorable. Commencer les travaux avant expose à une infraction au Code de l’urbanisme, sanctionnée pénalement et pouvant conduire à une obligation de démolition.
Combien de temps est valable une déclaration préalable ?
L’autorisation délivrée au titre d’une déclaration préalable est valable trois ans à compter de la date de la décision (ou de la naissance du droit tacite). Elle peut être prorogée deux fois d’un an, à condition de déposer la demande en mairie au moins deux mois avant l’expiration du délai en cours.
Que se passe-t-il en cas d’oubli de déclaration préalable ?
Réaliser des travaux soumis à déclaration préalable sans avoir obtenu l’autorisation constitue une infraction au Code de l’urbanisme. Les sanctions peuvent inclure une amende pénale jusqu’à 300 000 euros, l’obligation de mise en conformité ou de démolition des ouvrages irréguliers, ainsi que des difficultés lors de la revente du bien (refus de prêt, litiges entre acquéreur et vendeur). Une régularisation a posteriori est parfois possible, mais n’est pas garantie.
Le cerfa déclaration préalable est-il le même pour tous les départements ?
Les formulaires cerfa (13703 et 13404) sont nationaux et uniformes sur l’ensemble du territoire français. En revanche, les règles d’urbanisme applicables (PLU, POS, carte communale) varient d’une commune à l’autre, voire d’un secteur à l’autre au sein d’une même commune. Des pièces complémentaires spécifiques peuvent être demandées selon le contexte local (secteur protégé, zone inondable, périmètre ABF). Il est donc indispensable de consulter le service urbanisme de la mairie concernée avant le dépôt.







